10 conseils pour améliorer ses croquis

Voici un article qui m’a été beaucoup demandé sur Instagram, au moment de la création du blog. N’étant pas du tout experte en dessin, je ne livre ici que des astuces qui m’ont personnellement fait progresser. A vous de piocher ce qui vous intéresse !

1. Etre patient.e !

Eh oui ! Inutile de vous agacer si vos premiers croquis sont ratés, c’est normal ! Le dessin ne s’apprend qu’en pratiquant et quand je dis « pratiquer », c’est reprendre au moins 20 fois le même dessin, s’il le faut! Je le sais d’autant mieux que je dessine depuis que je suis toute petite : combien de fois ai-je recommencé le dessin d’un visage, d’un oeil ou d’une bouche avant d’être satisfaite? Quand j’ai commencé la formation en décoration d’intérieur, j’avais beau savoir (un peu) dessiner, cela ne m’a pas empêché de rater mes premiers croquis comme tout le monde. Donc, ne vous découragez pas si vos (50) premiers dessins ne ressemblent à rien, les progrès finissent par venir 😉

Croquis du café zen version authentique au feutre noir Micron 0,2, après de très nombreux essais

2. Avoir un bon matériel

Comment choisir le bon feutre parmi les dizaines de feutres existants? Quelle graisse de crayon à papier est la meilleure pour faire un croquis ? Même si chaque créatif développe avec le temps ses propres outils de prédilection, tous possèdent un très bon matériel de base. Essayez les feutres noirs Micron, comparez le rendu avec un feutre bon marché et vous verrez tout de suite la différence ! En ce qui concerne les crayons à papier, j’aurais tendance à exclure tous ceux qui sont en-dessous du HB avec une préférence pour le 2B. La raison est simple : plus le crayon est gras, plus il est facile à gommer. Enfin, les premiers temps, entraînez-vous sur du brouillon. Ne gâchez pas un joli carnet tout neuf pour vos premiers essais : vous risquez d’être déçu.e.s et votre motivation pourrait en prendre un coup !

3. Porter un regard critique sur son travail

Ce conseil est très important pour progresser : si vous vous contentez de vos premiers essais, vous aurez un jugement faussé sur vos travaux. Même si ce n’est pas très agréable, il faut accepter la critique des autres mais aussi exercer son auto-critique. Tant que vous voyez des défauts, il faut vous corriger. Ce n’est pas pour rien que l’école nous demande régulièrement d’analyser nos dessins. On ne peut corriger les erreurs que si on s’est habitué à les repérer ! Soyez humbles à la fin d’un dessin. Demandez-vous le plus objectivement possible ce qui est réussi et ce qui l’est moins. Sans vous accabler de reproches ni d’éloges, constatez les progrès que vous avez faits ET les points sur lesquels vous devez encore travailler.

Croquis du café Zen version douceur d’Asie. Notez les formes très inexactes des miroirs sur le mur de gauche et les erreurs de reflets, à droite.

4. Travailler par séries

Une fois que l’on a identifié ses principales difficultés, il est très utile de procéder par séries pour améliorer un défaut ponctuel. Par exemple, si vous ratez systématiquement le dessin des chaises, il ne servira à rien de refaire le croquis entier d’une pièce pour y arriver. Vous aurez plutôt intérêt à faire des lignes de chaises, comme on faisait des lignes de lettres à l’école. J’ai pratiqué cet exercice pour les canapés qui me posaient difficulté : en tirant 3 lignes horizontales à peu près équidistantes, je délimitais la base du canapé, la base de l’assise et le haut du canapé. A force de répéter le dessin, j’ai fini par mémoriser les proportions, ce qui m’a été bien utile par la suite.

Canapés en série

5. Reproduire des croquis réussis

Là encore, il faut faire preuve de patience mais c’est un exercice très efficace pour s’améliorer. Choisissez le croquis d’une décoratrice d’intérieur talentueuse (au hasard, Anne-Sophie Baryga de Sodeco), imprimez-le puis placez-le sur une vitre (ou sur une tablette lumineuse). Calez une feuille assez transparente par-dessus et recopiez ! En reprenant le tracé d’un croquis réussi, on intègre mieux les règles de la perspective. Au lieu de chercher à comprendre, il vaut mieux parfois pratiquer !

Croquis couleur par Anne-Sophie Baryga de Sodeco

6. Décomposer les objets en formes simples

Si dessiner une table en perspective peut être relativement simple, on commence à avoir des sueurs froides face à des formes plus complexes comme l’arrondi d’un fauteuil. Heureusement, il est toujours possible de simplifier ces formes en cubes ou en sphères. Prenons une chaise par exemple. Le dessin de cette chaise entre dans un pavé (un rectangle en 3D) qu’il est assez simple de dessiner en perspective. Une fois que vous avez dessiné les contours de ce pavé, il n’y a plus qu’à repérer la hauteur de l’assise pour dessiner les pieds, l’assise et le dossier. On dessinera de la même manière une forme ronde en l’insérant dans une sphère (un cercle en 3D). Pour le dessin pas à pas d’une chaise en perspective à deux points de fuite, je vous recommande le très bon site dessindigo.com d’où j’ai tiré les images ci-dessous.

Point de départ du dessin d’une chaise en perspective à 2 points de fuite. On voit déjà apparaître l’emplacement de la future assise dans le volume global. Image dessindigo.com.
Dessin progressif de la chaise à l’intérieur du volume

7. Faire des pauses

Bon, ce n’est pas vraiment comme ça que vous allez vous améliorer en dessin mais, au moins, vous aérerez votre cerveau et c’est absolument nécessaire. Comme pour tout apprentissage (j’en sais quelque chose, croyez-moi), il y a un temps pour intégrer les nouvelles informations et un temps pour les digérer. Ce n’est pas en vous bourrant le cerveau jusqu’à la nausée que vous apprendrez mieux. Dans le pire des cas, vous risquez même l’allergie, ce qui n’est pas souhaitable (vous imaginez si à la vue d’un stylo, vous vous mettiez à avoir des boutons!!). Quand vous sentez que vous n’y arrivez plus, faites donc une pause. Laissez reposer vos croquis comme une bonne pâte. Ils seront bien meilleurs quand vous les reprendrez !

8. Observer le jeu des ombres

Quand vous commencez à être un peu plus à l’aise avec la perspective, vous pouvez commencer à travailler les ombres grâce auxquelles le dessin prend vie. Dans un premier temps, prenez un objet de forme très simple (un cube, dans l’idéal), placez-le près d’une source lumineuse et observez le placement naturel des ombres. Si la lumière éclaire le haut d’un cube posé sur une table, les faces dans l’ombre ne seront pas les mêmes que si la lumière vient de droite ou de gauche. De plus, si votre objet possède ses ombres propres, il projette également une ombre au sol qu’on appelle l’ombre portée. Le tracé exact de cette ombre est un peu plus technique car il varie en fonction de la forme de l’objet mais aussi en fonction du type de lumière qui l’éclaire (voir l’article très détaillé http://dciner.fr/dessiner-les-ombres-en-perspective/ ).

La face éclairée du cube reste blanche, tandis que la face latérale la plus éloignée de la lumière est noire. La face du dessus, moyennement éclairée, est juste grisée.
En couleur, le principe reste le même. Ici, la lumière venant du dessus, les ombres ont changé de position sur les faces du cube.
Ombres et lumières d’un même objet selon le type de lumière. Image tirée du site dciner.fr

9. Travailler les textures

Une fois que vous maîtrisez bien le fonctionnement des ombres, vous pouvez vous exercer à dessiner les textures comme le bois, le velours, l’acier, le verre… Contrairement à ce que l’on croit, la couleur n’a rien à voir avec la texture. Par exemple, vous pouvez colorier en gris une surface sans qu’on sache si cette surface est de l’ardoise, du béton, de la pierre ou du lino. Ce sont des traits que vous allez répéter sur la surface qui créeront l’illusion de la matière. Pour imiter le bois, on peut dessiner les lignes irrégulières du veinage. Il suffit de dessiner des petits points aléatoires sur une surface pour donner l’illusion de la pierre. Enfin, pour imiter le verre ou une matière réfléchissante, on trace des petites lignes qui vont représenter les reflets.

Textures de bois au feutre à alcool (image @cameronbdl)
Croquis @fortinterieur. Observez les petites lignes tracées à la surface des miroirs, la netteté de la ligne de lumière sur le laiton des éclairages, les petits traits blancs sur les serviettes éponges noires.

10. Ne pas passer trop de temps sur ses croquis

Voilà un ultime conseil que je me donne souvent à moi-même ! Passer trop de temps sur un croquis signifie qu’on est entré trop loin dans les détails. Or un croquis réussi est un croquis rapide. Plus vous surchargez votre dessin, moins il est lisible. En la matière donc, j’ai encore beaucoup de travail mais je ne me décourage pas (voir conseil n° 1 !).

5 raisons de passer à la slow déco

Si la « slow déco » ne vous dit toujours rien, voici 5 raisons qui vous la feront aimer !

1. Préserver sa santé

Saviez-vous que l’intérieur de nos maisons est extrêmement pollué? De nombreux meubles neufs, revêtements de sols, papiers peints, peintures acryliques et autres objets utilisés en décoration sont constitués de substances toxiques rejetant dans l’air des composés organiques volatiles (COV) particulièrement dangereux pour notre santé. Sans entrer ici dans les détails (voyez à ce sujet l’excellent article de Nina Chardin sur son site My Green Cocoon), sachez que la slow déco privilégie toujours des matériaux sains, comme le lin, le liège ou le bois massif, mais aussi des peintures écologiques de qualité comme Pure and Paint dont les émissions de COV sont de 0,001g/litre (soit 30 000 fois moins qu’une peinture A+ du grand commerce ! ). Enfin, la slow décoratrice vous invitera toujours à garder vos vieux meubles car leurs émanations toxiques ont en général disparu avec le temps.

2. Faire des économies

Eh oui ! Passer à la slow déco, cela signifie acheter moins d’objets neufs, donc… préserver son budget ! En utilisant du mobilier ancien que vous possédez déjà, vous ne faites aucune nouvelle dépense et, par les temps qui courent, c’est plutôt cool ! Surtout que les meubles vintage sont furieusement tendance et que, même si vous n’aimez pas chiner, il y a tellement de brocantes en ligne aujourd’hui que vous trouverez forcément votre bonheur !

3. Respecter et protéger la nature

Evidemment, la slow déco vise à préserver la nature. Ainsi, en slow déco, le mobilier et les accessoires sont le plus possible dessinés et produits en France, au plus près du consommateur. Il n’est pas question ici de boycotter les artisans étrangers ni les grandes enseignes de la décoration. Mais, si vous devez faire venir votre fauteuil d’Asie du sud-est, vous vous doutez bien que la facture carbone va être salée (comme l’eau de la mer que le dit fauteuil aura traversé pour arriver jusqu’à vous!). Quand d’autres solutions sont possibles, la slow déco les privilégie : chiner un fauteuil en rotin au lieu d’en acheter un neuf fabriqué en Indonésie, c’est protéger la nature en évitant une pollution inutile liée à son transport (et en plus, votre fauteuil sera unique ;-))

4. Valoriser les savoir-faire français

On n’y pense pas toujours mais l’un des nombreux atouts de la slow déco est de valoriser les savoir-faire de nos territoires. En slow déco, on préférera toujours la production d’un petit artisan local à la production impersonnelle des supermarchés de la décoration. Prendre le temps de découvrir les artisans fait partie intégrante de la démarche de slow déco. Car apprendre à connaître chaque personne qui se cache derrière l’objet, c’est donner à cet objet une profondeur particulière, c’est ne pas se contenter de sa valeur décorative mais comprendre qu’il fait partie d’une histoire, de l’histoire des savoir-faire qui se sont transmis de générations en générations jusqu’à nous.

5. Rester en accord avec ses valeurs

Enfin, la slow déco, c’est se faire plaisir sans renier ses valeurs. Parce que se sentir bien chez soi ne doit pas se faire au détriment de notre conscience écologique. Parce que tout le monde a le droit à un espace intérieur sain et harmonieux sans être obligé, pour des raisons économiques, d’acheter des produits toxiques et d’avoir mauvaise conscience. Oui, il est possible de décorer son intérieur de manière éco-responsable. Oui, il est possible d’avoir un intérieur sain, écologique ET beau. C’est tout l’enjeu de la slow décoration.

Bienvenue !

Et voilà ! Le blog que je vous avais promis de créer est en ligne. Vous y trouverez mes inspirations de slow déco, des idées de shopping éco-responsable mais aussi mon travail au sein de l’EDAA. La formation pour devenir décoratrice d’intérieur est en effet un parcours de longue haleine, nécessitant beaucoup d’investissement personnel. Dans la rubrique Team Edaa Deco, vous trouverez donc mes astuces personnelles pour progresser en dessin, mes réalisations et mon travail de communication.

Bonne navigation sur mon site 😉

Pour me retrouver sur Instagram, suivez le lien suivant : https://www.instagram.com/caroline.pommier.24/?hl=fr